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Pino Pascali

Italy (Bari 1935 -  Roma 1968 ) Wikipedia® : Pino Pascali
PASCALI Pino Muffe

Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan /2 avr. 2007
5 000,00 - 10 000,00
9 200,00

Trouvez oeuvres d’art, rèsultats des ventes, prix des ventes et images de l’artiste Pino Pascali dans les ventes aux enchères françaises et internationelles
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Variantes du nom de l'artiste :

Pinopascali

 

Dans le catalogue
336

Quelques Oeuvres de Pino Pascali

Extrait entre 336 œuvres dans le catalogue de Arcadja
Pino Pascali - Sherlock Holmes

Pino Pascali - Sherlock Holmes

Original 1963
Estimation:

Prix :

Numéro de lot: 203
D'autres OEUVRES aux enchères
Description:
Pino PASCALI
(1935-1968)
SHERLOCK HOLMES, étude pour le filmcouleur "Cartasana", 1963
Crayons de couleur sur papier
signé en bas à droite
Authentifié au dos par Monsieur Sandro Lodolo
h: 28 w: 22 cm
Commentaire : Un certificat de Monsieur Lodolo sera remis àl'acquéreur.

Pino Pascali - Tralicci

Pino Pascali - Tralicci

Original 1961
Estimation:

Prix :

Numéro de lot: 313
D'autres OEUVRES aux enchères
Description:
Technique mixte sur carton
h: 35 w: 50 cm
Provenance : Collection privée européenne.
Expositions : Galleria Pananti, Florence "Omaggio a Pino Pascali",1 décembre 2007-12 janvier 2008 repr. au catalogue.
Commentaire : Un certificat de Monsieur Sandro Lodolo sera remis àl'acquéreur
Pino Pascali - Sherlock Holmes, Étude Pour Le Filmcouleur "cartasana"

Pino Pascali - Sherlock Holmes, Étude Pour Le Filmcouleur "cartasana"

Original 1963
Estimation:

Prix :

Prix Brut
Numéro de lot: 1140
D'autres OEUVRES aux enchères
Description:
Pino PASCALI
(1935-1968)

SHERLOCK HOLMES, étude pour le filmcouleur "Cartasana",
1963

Crayons de couleur sur papier

Signé en bas à droite Authentifié au dos par Monsieur Sandro
Lodolo

Hauteur : 28 Largeur : 22 cm

Commentaire : Un certificat de Monsieur Lodolo sera remis à
l'acquéreur.
Pino Pascali - Muffe

Pino Pascali - Muffe

Original 1963
Estimation:

Prix :

Prix Brut
Numéro de lot: 82
D'autres OEUVRES aux enchères
Description:
82 a : pino pascali 1935-1968 muffe, 1963 technique mixte sur papier de soie et carton 25 x 30 cm (9,75 x 11,70 in.) un certificat de monsieur sandro lodolo sera remis à l'acquéreur \\\\“io son come un serpente ogni anno cambio pelle. la mia pelle non la butto ma con essa faccio tutto. quel che ho fatto di recente già da tempo mi repelle io, sono un punto a sinistra del foglio. traccio la i continuo in o salto alla s passo alla o percorro la n termino in o\\\\” \\\\“je suis comme un serpent chaque année je change ma peau. ma peau je ne le jette pas mais avec elle je fais tout. ce que j'ai fait récemment depuis longtemps me dégoûte io (moi), je suis un point à la gauche de la feuille je trace la i je continue avec le o, je saute à la lette s je passe à la o je parcours la lettre n je termine par o\\\\” (l'un des plus célèbres petits poèmes en rime composés par pino pascali dans les années soixante)
Pino Pascali - La Decapitazione Della Scultura

Pino Pascali - La Decapitazione Della Scultura

Original
Estimation:

Prix :

Prix Brut
Numéro de lot: 10
D'autres OEUVRES aux enchères
Description:
LOT
10

PINO PASCALI

1935-1968

LA DECAPITAZIONE DELLA SCULTURA

700,000—900,000 EUR

Lot Sold.
Hammer Price with Buyer's
Premium: 796,000 EUR
measurements

103 x 85 x 470 cm

alternate measurements

40 1/2 x 33 1/2 x 185 in
peinture sur toile tendue sur une structure en bois
Exécuté en 1966.

PROVENANCE

Collection Cesare Grazioli, Brescia
Studio Casoli, Milan
Collection Liliane et Michel Durand-Dessert, Paris
Akira Ikeda Gallery, Nagoya
Galerie Hans Mayer, Düsseldorf

CATALOGUE NOTE

L’œuvre de Pino Pascali porte la marque d’une effervescence
créatrice exceptionnelle. Elle prend ses racines dans les nouvelles
recherches artistiques des années soixante et s’étend de 1964 à
1968, date de sa disparition accidentelle prématurée. 1966 est une
année charnière dans ce parcours d’une intensité fulgurante.
Né à Bari dans les Pouilles, région maritime de son enfance dont
toute son œuvre porte l’empreinte, il finit ses études à Rome en
1955-56, à l’Académie des Beaux-Arts, où il suit le cours de
scénographie. Il travaille dans ce domaine, ainsi que dans la
publicité et le cinéma, en collaborant avec la RAI-TV. De nombreux
dessins nous viennent de cette époque, dont certains,
prémonitoires, annoncent les développements ultérieurs de son
œuvre. En 1967, il refuse le contrat proposé par cette société. Il
a fait son choix, mais l’expérience n’est pas sans importance. Elle
a inspiré la composante scénographique de son œuvre, comme en
témoigne d’emblée le Teatrino
, qui l’ouvre comme un
manifeste en 1964 ; elle a en outre initié Pascali aux nouvelles
tendances de l’art contemporain qui se développaient à Rome autour
du neo-dadaism et du Pop Art et qui, à partir du « matiérisme » de
Burri, se caractérisaient par la recherche, chère aux futuristes,
d’une régénération de la matière comme moyen d’expression.
Pascali lui aussi est animé du désir de repartir à zéro pour
construire de nouvelles images profondément liées au tissu culturel
et social : opérer des fouilles dans le quotidien pour récupérer
l’objet, le destituer de sa provenance et le replacer, transformé
par le geste et l’action, dans la sphère des arts plastiques.
Mais Pascali va au-delà de ces tendances et ne s’identifie
pleinement à aucun nouveau mouvement. Si ses premières œuvres se
réfèrent au Pop Art par la structure et le choix de l’image, leur
composante ludique la transcende. Il dépasse les limites des images
de la consommation urbaine et se plonge dans un monde imaginaire
personnel de mythes, de fantaisie, d’émotions, et de jeux... Animé
par la force créatrice irrépressible dont il est le lieu, il
reconstruit la nature suivant les données de son univers intérieur.
Il réintroduit la composante sensible dans l’œuvre d’art au moyen
de la création manuelle de l’artiste bricoleur - une « main
pratique, méditerranéenne, féminine », qui va à l’encontre de la
pratique masculine de la productivité.
Entre 1964 et 1965, toujours inspiré par le Pop, il réalise les «
tableaux-objets », comme le Colisée
, les bouches et les
bustes de femmes. 1965 est l’année des Armes et des
Canons
, transposition des jeux de guerre de l’enfant dans
l’univers adulte.
En 1966, il amorce le cycle des « fausses sculptures », où il
recrée un monde animal préhistorique complet avec les reptiles, les
dinosaures, mais aussi les rhinocéros, les girafes, les sauriens,
les mammifères marins, ainsi que la mer elle-même… Ils les a
reconstruits avec des formes simplifiées, entièrement modelées au
moyen d’une toile tendue sur une architecture d’arcades en bois,
préalablement construite dans son atelier ; elles sont peintes en
blanc le plus souvent, en noir quelquefois. La composante
scénographique apparaît clairement dans ce cycle, qui doit sa
naissance aux décors du théâtre. Ce sont d’énormes simulacres, une
véritable fable : « Plutôt que des œuvres, elles étaient surtout
des environnements, des mondes habités par Pascali ; il était le
premier habitant vivificateur de ces environnements », dit Fabio
Sargentini.
En remplaçant le marbre traditionnel par une matière plus éphémère,
plus tendre et plus souple, plus animale et plus tactile, la toile
peinte, Pascali décapite déjà la sculpture classique.
Aussi est-ce bien La Décapitation de la sculpture qui
ouvre le cycle des « fausses sculptures », avant même les deux
autres décapitations, la Décapitation du rhinocéros et la
Décapitation de la girafe. Ni girafe, ni rhinocéros, ni
serpent, ni même dauphin, La Décapitation de la sculture a
une forme indéfinie, composite, qui se réfère à la sculpture sans
que le sujet soit identifiable. Le corps longiligne d’un animal
repose sur trois modules évasés qui font office de pattes et
servent de point d’appui au sol, suggérant l’idée d’une énergie
vitale qui adapte les formes à leur fonctions, comme si le
transformisme était aussi à l’œuvre dans la création de Pascali.
Les trois modules sont réunis par une arête dorsale doucement
incurvée à partir du sommet de l’arrière-train, ce qui permet à la
sculpture de nous offrir une image en perspective même lorsqu’elle
est vue de face ; la section circulaire nous présente deux superbes
petites toiles jumelles tendues sur châssis et peintes en blanc,
dans la position d’un livre grand ouvert : elles exhibent leur
forme de pomme coupée en deux dans le sens de la hauteur, en nous
interrogeant comme un miroir de voyage : « Je suis une fausse
sculpture, à ce qu’on m’a dit, ça m’étonne…Et si j’étais une vraie
peinture ? »
La tête proprement dite a une forme tout à fait inusitée : une
sorte de bec aplati en forme de fer de lance, une corne, un éperon,
ou peut-être le rostre acéré d’un navire de guerre prêt à l’assaut
? Imaginons-la restaurée à sa place supposée d’origine, et nous
voici encore plus troublés : un pélican, une licorne, un serpent,
car enfin, cette tête triangulaire et aplatie nous mène bien à lui.
De fait, avec son vide entre le corps et la tête, la sculpture nous
satisfait visuellement, car elle s’apparente à une articulation, en
offrant l’image d’un dragon en train de brouter paisiblement ;
restaurée, elle nous dérangerait, ce qui prouve bien que la tête
imaginaire de l’animal est sentie intuitivement au niveau même du
vide : cette fille de la femelle de requin et d’un serpent marin,
nous invite à méditer sur une rotondité crânienne perdue et un
cerveau reptilien des origines retrouvé :
« Le voilà donc l’homme à l’encéphale dépourvu de protubérance
annulaire », se dit pensivement le promeneur qui déambule dans le
nouveau paradis qui lui est proposé…
Dans sa quête des origines, Pascali cherche un âge d’or à venir ;
on sent qu’il devine la nécessité de rétrograder jusque dans
l’histoire qui précède l’occurrence de l’homme pour en trouver les
clés ; on voit bien qu’il y a en lui un être qui se souvient avoir
vécu sous la forme de requin dans les courants sous-marins qui
longent les côtes de l’Afrique. Si les Armes sont une
approche de la nature de l’art par l’imitation, les « fausses
sculptures », cherchent elles, l’art de la nature, la forme
première : la sculpture comme activité naturelle, soumise à
l’impulsion d’une énergie vitale, vouée aux règles de l’évolution,
et dont la décapitation serait une phase ultime et nécessaire ;
cependant, la tête décapitée préserve le cerveau reptilien des
origines.
La Décapitation de la Sculpture est une réponse poétique et
allégorique aux questions posées par la révolution de la sculpture
des années soixante. Elle met un terme au développement vertical de
la sculpture classique traditionnelle, telle qu’elle trouve son
aboutissement chez un artiste comme Giacometti par exemple, pour le
décapiter au sens propre du terme en lui proposant comme
alternative le champ de l’horizontalité ; ainsi, Richard Long et
les artistes du Land art, en proposant leurs parcours ou leur
marche dans la nature, renvoient eux aussi l’homme à une autre
notion spatiale, horizontale, de la sculpture, neuve et archaïque
tout à la fois.
Par ailleurs, La Décapitation
, comme la Mer
, est une
réponse de la main européenne à la main américaine qui poursuit
dans le même temps les mêmes recherches tout en parvenant à des
résultats analogues mais antithétiques : comment ne pas voir que la
Mer
, grande surface horizontale composée de 24 éléments
juxtaposés, est une réponse aux pièces que Carl André développe au
même moment ainsi que les autres artistes du Minimal dans l’esprit
d’une esthétique moderniste, industrialiste, conquérante et sans
état d’âme…
« Entre une feuille tressée pour former un verre et une coupe de
cristal gravé, je préfère la feuille. On aura beau dire et beau
faire. La société de consommation crée un objet. Lorsque les Noirs
façonnent un objet, ils créent une civilisation. Ils la créent à ce
moment précis, avec l’ardeur de l’homme qui découvre les
mécanismes, la science de l’homme qui découvre tout […] Il faut
l’ardeur de l’homme qui n’a rien pour vraiment pouvoir créer
quelque chose. » (Entretien avec Carla Lonzi,1967)
Pascali est bien au cœur de l’Arte Povera : nomade en mouvement
continu entre le passé de l’enfance et celui des mythes humains
fondateurs, solidement sédentarisé dans le présent de l’esthétique
contemporaine, il noue un inlassable dialogue entre ses différentes
sources d’inspiration, pour recréer un univers, chercher une
nouvelle façon d’être un homme : avec les « Eléments de la nature »
et la « Reconstruction de la nature » (1967 et 1968), il inventera
une civilisation humaine débutante, ludique et joyeuse, un paradis
pour enfants à l’imagination gourmande avec des Ponts
, une
Méridienne
, un Nid
, des Champs d’irrigation
,
des Outils agraires
…
Mais il n’y a pas de fin à la création de Pascali : il vit en elle
d’une jeunesse éternelle et le spectateur rencontre à travers elle
l’énergie fulgurante qui émane de chacune de ses œuvres.
La Décapitation est bien plus que le chef-d’œuvre fondateur
d’une nouvelle esthétique. Placée au cœur du labyrinthe
paradisiaque conçu par Pascali, elle s’apparente au serpent de la
Genèse, gardien de l’arbre de vie, comme au Sphinx qui interrogeait
l’Œdipe-Roi de Sophocle sur la spécificité de l’homme dans sa
relation à l’animal : on se souvient que dans sa précipitation à se
croire victorieux au moyen de sa seule raison, Œdipe conduisait au
désastre la civilisation qu’il avait initiée, la nôtre... Pascali
ressuscite le Sphinx en décapitant la sculpture, comme Œdipe est
contraint de se crever les yeux pour accéder aux dimensions du réel
auxquelles le despotisme de sa raison l’avait rendu aveugle : le
cerveau reptilien du paisible Sphinx de Pascali nous propose des
clés que nous avons perdues et que l’artiste nous incite à
rechercher pour donner une nouvelle réponse à la question : «
Qu’est-ce qu’un homme ? ».
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